Pour résumer:
L'intérêt du rêve gastronomique est de permettre de cuisiner en toute circonstance et de s'affranchir ainsi des empêchements conjoncturels

L'intérêt du gribouillage culinaire est de ne pas laisser s'évaporer les fruits de cette rêverie dans le flux accéléré de notre temps contemporain qui nous excède et peut trop souvent dissoudre des bribes de rêves et les confondre dans les limbes de l'oubli.

Étapes de rêverie

N'importe où vous vous trouverez,vous pourrez :

  1. Rêver une forme,
  2. un volume,
  3. une texture,
  4. une saveur
  5. un contraste
  6. un assemblage
  7. un contexte de dégustation
  8. et toute autre chose pouvant se rêver

Étape de gribouillage

De préférence dans une position stable permettant l'utilisation d'un crayon et d'un carnet ou d'une feuille.

  1. De la pointe du crayon donner forme à ce rêve en tachant d' égarer le moins de rêve possible.(Hélas souvent le rêve se perd sous le coup du crayon)
  2. Ne craignez pas la maladresse de vos traits
  3. Donner une vue en plan et en coupe du met rêvé
  4. Détaillez en la composition grâce à une légende à des couleurs à des flèches...

Voici donc une première satisfaction: avoir pu donner une forme visuelle à cette chose idéale qui n' avait alors qu'un goût halluciné dans notre espace mental.
La voilà dessinée cette chose: il faut la nommer. Le nom donnera alors à cette chose une nouvelle densité qui s'épaissira encore plus dans sa réalisation, sa concrétisation, son élaboration et enfin sa dégustation et son partage.
Parfois la chose rêvée et gribouillée ne pourra être nommée.Aucune inquiétude. Elle sera alors dite innommable ce qui n'exclura pas pour autant la valeur potentielle de son existence. Dans une autre phase du processus, elle pourra être nommée et au pire on la nommera par ce qui la constitue ( le fondant au chocolat jalouse-t-il la Reine de Saba ?)

Exemples de gribouillages culinaires prolixes et diffus, nommés et innommables

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Mais du rêve à la réalité toujours un écart se crée. Et que cela ait pu émerger dans la cuisine n'interdit pas que cela puisse se rêver encore et encore et encore et....

Car la production du met rêvé dépasse rarement la superbe dont ce met pouvait projectivement et illusoirement se parer...Il est nécessaire de se préparer à l'insatisfaction possible que son élaboration produira.
Qu'il serait heureux et loisible que le temps puisse ne pas nous excéder autant, pour pouvoir ainsi renouveler indéfiniment la réalisation de ces mets rêvés dans des variations exponentielles de répétitions et de différences jusqu'à ce que l'idéale s'incarne enfin pour être dégusté.
Mais hélas l'insatisfaction plane toujours comme une ombre projetée de nos rêveries culinaires..

Sachez tous et toutes, chacun et chacune que nous serions ravies de partager avec vous vos propres expériences de rêveries et/ou gribouillages culinaires et mener ainsi de front une résistance active contre l'empêchement de cuisiner en toute circonstance dont notre société nous afflige...

En attendant que cette chaine subversive de rêveries puisse prendre corps, passons à présent à un exemple concret: LES TRALALAS.